[g]André Malraux a dit : « L'homme est né quand face à un cadavre il a murmuré : pourquoi ? ». En l'occurrence ce n'est pas un corps mais des milliers qui ont jonché le sol et le jonchent toujours dans deux petits territoires africains longtemps loin des caméras : le Tchad et le Darfour. Doit-on en déduire que de nombreuses démocraties ont perdu un peu de leur humanité ? Elles avaient les capacités d'intervenir dès le début des problèmes et pourtant elles n'ont attendu que la forte médiatisation pour réagir. Et pourtant les chiffres sont élevés : il y aurait eu au moins 300000 morts et environ 10 000 personnes y meurent chaque mois. Résumé des faits passés et des tensions actuelles.
Qu'est ce que le Darfour ?
Le Darfour est une région de l'ouest du Soudan (plus grand pays africain) dans le désert très aride du Sahara. Sa taille est de 510 000 km2, sa population de six millions d'individus. Elle est composée de trois provinces : Gharb Darfour, Chamal Il Darfour et Djanoub Darfour. Darfour signifie « maison des Fours », les Fours représentent une ethnie de plus de 500 000 personnes, une communauté « noire » vivant dans le massif du Djebel Marra. Le nord n'est fait que de sable tandis que la savane recouvre le sud. Les monts Marrah sont au centre de cette province. Il fut malheuresement un lieu sombre de l'histoire dans lequel des tribus arabes prirent de force des Noirs soudanais pour en faire des esclaves.
L'islam y fut introduit au XIV ème par la dynastie Toundjour et son premier roi Ahmed el Makour. Son arrière-petit-fils, le sultan Dali, créa le code pénal qui différait de la loi coranique. Ahmed Bakr, roi de 1682 à 1722, musulman pratiquant, imposa l'islam comme religion nationale. Après cette période fut déclenchée une guerre de succession qui affaiblit le royaume. En 1821, les Egyptiens ont tenté d'envahir tout le territoire mais ils ont échoué. Un homme d'affaires de Karthoum Az-Zoubayr Rahman créa un commerce florissant au Darfour. Au début il fut ennemi de l'Egypte, par la suite il s'allia à elle dans l intention de conquérir la province soudanaise. Le Darfour devint sous domination égyptienne de 1876 à 1916. En 1916, il fut incorporé au Soudan britannique et devint indépendant en 1956. La fin de l'histoire coloniale vit l'arrivée des premières luttes raciales entre les différentes ethnies du pays. De 1985 à 1989, il connut une guerre civile entre les Fours protégeants leurs lopins de terre et la Légion islamique libyenne avec le parti politique Oumma. En 1989, le pouvoir obtenu par un régime militaro-islamique intensifia par sa bienveillance la haine ethnique et plusieurs guerres civiles eurent lieues entre les différentes communautés. La situation dans laquelle se retrouvait alors la région présageait déjà du sort dont il est question ici.
Qu'est ce que le Tchad ?
Ce pays est peuplé de plus de dix millions d'habitants. Le Tchad est un pays d'Afrique centrale. Il se situe au sud de la Libye, à l'est du Niger, à l'ouest du Soudan et au nord du Cameroun. La cuvette du lac Tchad et une vaste savane recouvrant une grande partie du sud du pays. Au nord, il y a le massif du Tibesti, tandis qu'à l'est s'étend le plateau du Ouaddaï. Le régime politique du pays est officiellement une démocratie parlementaire. Mais, de nombreux organismes considèrent que cette « république » est, dans les faits, une dictature. Son président, Idriss Déby Itno, s'est débrouillé pour pouvoir être éligible indéfiniment... Tandis que la constitution ne permet d'être élu que deux fois. L'espérance de vie n'est que de 48 ans.
Le Tchad est un des principaux berceaux de l'humanité, en effet l'homme de Toumaï y a été retrouvé. Le pays devint le royaume du Kanen durant le VIII ème siècle. Il fut un royaume musulman, à partir d'environ 1085, instauré par Oumé. A la fin du XIX ème siècle, le négrier soudanais Rabah, qui avait « volé » des hommes et femmes fut chassé du pays par des troupes françaises. Les frontières actuelles du pays ont été faites par les négociations des principaux pays colonisateurs : la France, l'Angleterre et l'Allemagne dans les années 1880. Il fut la première colonie de la France libre à lutter contre l'Allemagne nazie. Et donc, il devint le point de départ de plusieurs opérations militaires menées par le général français Leclerc en Libye de 1941 à 1943. Ainsi malgré les exploitations et les exactions, le peuple s'est mis à défendre la puissance coloniale de l'extrémisme allemand de l'époque. Sans doute les petits enfants de ces personnes, qui se sont battus pour nous, habitent actuellement ce pays qui connaît une sordide période. Le pays fut décolonisé en 1960, il s'ensuivit une guerre civile qui mit au pouvoir le dictateur Hissène Habré. En 1973, la Libye s'est emparé de la bande d'Aozou, 104 000 km2 au nord. Le Tchad a reconquis ce territoire en 1987 et La Haye lui a donné raison et a obligé les soldats libyens a quitté ces terres. Depuis 2002, il est divisé en 18 régions administratives.
Le Darfour en sang
Les premiers corps ensanglantés de Darfouriens, liés à la guerre civile dont il est question ici, ont été retrouvés en 2003. En effet, depuis cette année une guerre fait rage dans cet endroit reculé de la planète. Et ce alors que le Soudan sortait à peine de la deuxième guerre civile soudanaise. La guerre civile opposait alors le nord gouvernemental au sud rebelle. Ce conflit avait déjà tué deux millions de personnes, c'était une guerre surtout d'idéologie politique. Pour les heurts qui ont commencé en 2003, la cause est plutôt ethnique et donc due à une discrimination grave qui sévit malheureusement au Soudan. Les deux opposants sont similaires à ceux de la guerre précédente. Ce n'est pas une guerre religieuse, tous sont musulmans. Les janjawids, des miliciens, font partie des tribus arabes mais eux sont musulmans intégristes et favorables au gouvernement soudanais. Ils s'opposent aux « noirs africains », à la couleur plus foncée, souvent de traditions pastorales, vivants pour la plupart au Darfour. Ils sont souvent ruraux et vivent de l'exploitation de leurs terres. Une minorité d'entre eux fait partie de la ALS (Armée de libération du Soudan) aussi appelée SLM (Mouvement de Libération du Soudan), ou du JEM ( Mouvement pour la justice et l'égalité) devenu le FNR (Front National de Rédemption) ou du SPLM (Armée populaire de libération du Soudan). Une des causes supplémentaire est les richesses du Soudan, le pétrole enrichit mais divise. Avant 2003, les deux communautés ne se haïssaient pas au point qu'une génocide l'autre. Mais vraisemblablement, à cause de la sécheresse, les janjawids ont décidé qu'il y avaient trop de personnes affamées dans leur pays ... de plus les milices sont favorables au gouvernement reconnu par la communauté internationale comme dictature islamique. Ils ont donc décidé de s'armer et de s'en prendre à la deuxième ethnie, celle dont il était question précédemment : « la noire africaine ». D'autres milices, moins connues, agiraient dans le même sens qu'eux. La plupart des morts sont des paysans qui défendent leurs petits lopins de terre et leurs souvent maigres troupeaux. Leurs cibles sont souvent désarmées, ce sont parfois même de très jeunes personnes. En effet, ce ne sont pas parfois des balles qui heurtent «malencontreusement » les enfants mais plutôt des coups de crosse de fusils assénés de sang froid à la tête... Les attaquent ont souvent lieu à l'aube, les villages sont souvent complètement détruits (plus de 3500 auraient brûlés). Certains rescapés déclarent avoir vu des militaires précédés les milices, il prendraient même des hommes dans les camions et les jeeps pour les amener on ne sait où... Selon de nombreuses sources des avions soudanais seraient grimés en avions de l'ONU pour tromper les réfugiés et leur tendre des pièges vicieux. Certains décident donc de se révolter et de s'intégrer aux forces rebelles qui luttent contre le gouvernement et les milices. Les blessés meurent facilement des suites des attaques, les conditions sanitaires étant de plus en plus alarmantes : un médecin pour 100 000 personnes.
Bref retour en arrière et résumé des faits.
Le conflit civil au Soudan commence en février 2003, il oppose les rebelles de l'ALS (Armée de libération du Soudan, plus de 10 000 révolutionnaires organisés) et du MJE ( Mouvement pour la justice et l'égalité), qui s'était insurgé contre la discrimination ethnique dans le Djebel Marra, aux forces soudanaises. Cette situation est l'occasion d'avoir un alibi pour l'armée et les milices, pour sans prendre à l'ethnie « noire » pastorale comme dit précédemment. Les rebelles sont armés mais pas les civils principaux victimes.
Le 25 avril, l'ALS est parvenu à réalisé le coup de maître de prendre la capitale du Darfour Nord : El Fasher.
Le gouvernement soudanais commença alors à faire arrêter des notables et des intellectuels favorables aux rebelles.
Le général Osman Mohamed Kibir, devient gouverneur soudanais du Darfour Nord et intègre officiellement à l'armée les milices arabes les plus haineuses contre l'ethnie des Fours. Les premiers villages brûlent. Le président soudanais Béchir et celui du Tchad tente une alliance pour bloquer la frontière entre les deux pays permettant aux rebelles du Darfour d'obtenir des armes de vendeurs tchadiens.
Le 3 septembre, un cessez-le-feu est donc déclaré entre les rebelle et le gouvernement soudanais à Abéché au Tchad. Mais il n'eut pas de répercussions à part celle de diviser les rebelles entre ceux qui avaient accepté la trêve et ceux qui l'avaient refusé. Les janjawids, principaux coupables, n'étaient même pas présents pendant ce cessez-le-feu et continuaient donc leurs exactions.
Le 16 décembre, le cessez-le-feu fut officiellement levé et l'armée de Khartoum se remit à participer aux côté des milices aux exactions et Abdallah Abakkar (chef militaire de l'ALS) fut tué. Les troupes soudanaises récupérèrent des territoires mais pas le Djebel Marra, fief de la rebellion. Jibril Abelkarim Bahri devint le successeur de Abakkar.
Le président soudanais Omar El Béchir déclara la fin des opérations militaires le 9 février 2004. Les combats continuent pourtant.
Lors d une conférence de paix à Khartoum, Béchir demanda comme seul offre la reddition des rebelles. Les membres présents avaient été choisis par lui-même. C'est dire la farce politique que fut ce « nouvel rendez-vous » soudanais pour apaiser le Darfour...
Durant le mois de mars, tandis que ce précisait l'anniversaire triste des dix ans du génocide rwandais, les Nations Unis dénoncèrent une « épuration ethnique » et commencèrent à souhaiter une intervention internationale.
En avril 2004, l'ONU put enfin envoyer une commission d'enquête.
Lors du mois de juin, les janjawids ont commencé à passer la frontière tchadienne pour pourchasser les exilés du Darfour.
Seulement vers mi 2004, un début de médiatisation, malgré l'accès rendu difficile par le Soudan aux journalistes, pointe le bout de son nez dans cette région reculée de la planète. C'est la BBC qui avait alors alerté l'opinion publique. Mais ce début d'information fut court et quelque mois après de nombreux yeux ont oublié ce qu'ils avaient vu ... alors que la situation continuait et s'envenimait même. Les réfugiés se sentent abandonnés de tous, le fait d'apparaître à la télévision ne les sauve pas plus qu'auparavant.
Le 17 janvier 2005, devant un rapport d'ONG mettant en évidence l'insécurité à la frontière du Tchad du Darfour, le premier ministre tchadien annonce un renforcement des moyens dans cette région tout en niant le problème.
Le 5 mai 2006, le chef du SLM (Mouvement de libération du Soudan), Minni Minawi, se désolidarise de son groupe révolutionnaire et signe l'accord d'Abuja (au Nigeria) avec le gouvernement soudanais sans à nouveau de réels répercussions sur le conflit. L'accord visait à ce que l'armée soudanaise désarme les milices et qu'ensuite les rebelles lâchent leurs armes aussi que 3000 rebelles reçoivent une éducation ou une formation militaire. Il prévoyait également qu'un référendum proposé aux darfouriens décide du statut de leur région en 2010 et aussi qu'ils soient plus représentés au gouvernement et au Parlement. Ces prérogatives allant à l'encontre des intérêts de Khartoum, bien que signées ne seront pas respectées. Minawi sera remplacé à la tête du mouvement rebelle par Al-Nour (voir un résumé de son interview à Paris, le 16 janvier 2007, dans un chapitre de ce texte).
En février 2007, Médecins du Monde et d'autres ONG présentes ont annoncé qu'ils allaient peut être faire retirer leurs bénévoles et travailleurs car leurs sécurités ne sont assurées par personne.
Certains déclarent qu'il faut armer les rebelles pour voir la situation s'améliorer. Cette thèse est très mauvaise car le Soudan, très puissant, parviendrait sans doute à obtenir plus d'armes et l'escalade de la violence augmenterait.
Le bilan continue de s'aggraver, les chiffres augmentent courant 2007 on parlait de 350 000 personnes tués (surtout des civils sans armes) et au moins deux millions de personnes déplacées (soit un tiers de la population du Darfour). En espérant que l'opinion publique se souviendra de cette page sombre et la reconnaisse comme étant le premier génocide du XXIème siècle.
Qui sont les milices janjawids ?
Leur nom signifie horde, ou cavaliers de guerres en arabe. Ils auraient pu aussi signifier « semeurs de terreur » vu l'horreur qu'ils traînent sur leur chemin. Issus notamment des tribus Abbala et des bergers Baggara depuis 2004, ils sont souvent à cheval et parcourent un territoire très rapidement et vont de villages en villages. Leur raison de vivre est, comme celle de nombreuses milices soudanaises favorables au gouvernement, de faire la guerre. C'est en se battant qu'ils s'enrichissent par les pillages et qu'ils obtiennent de « l'argent sale » de commanditaires peu scrupuleux. Les janjawids apparaissent en 1988, après la victoire du Tchad, aidés par la France et les Etats Unis, sur la Libye. Ils sont alors les milices arabes de Acheickh Ibn Omer Saeed, un tchadien allié de la Libye. Ils sont très vite incorporés à la politique de contrôle territorial du Soudan. En 1999, Khartoum décide d'armer ces dangereuses milices pour mater une insurrection menée au Darfour. Quand l'insurrection prend de l'ampleur, ils deviennent même la principale force de répression du Soudan. Le soutien du pays devint, alors, une totale complicité avec les actes sanguinaires des miliciens. Alors que pourtant les miliciens tuent, torturent, violent et pillent et ont un cri de guerre représentant bien leurs idées : « Tuer tous les Noirs, tuez tous les esclaves ! » ... Au Darfour après avoir commis un viol certains miliciens déclareraient à leur victime : « Ainsi, tu auras un enfant arabe ! ».
La Russie et la Chine sont parmi les vendeurs d'armes principaux du Soudan. Les janjawids auraient peut-être donc des armes soviétiques ou chinoises... Malgré ce que dit le ministres des Affaires étrangères soudanais, son pays aurait, selon Human rights watch, recruté des hommes pour ces milices et maintenu au moins 16 camps où les janjawids vivent et dorment. Parfois ils seraient même aidés par l'aviation soudanaise qui les précèderait. Quelles mesures ont été prises pour punir les janjawids et les autres miliciens? Pour simplifier, disons que le Darfour et quelques organismes ont appelé à l'aide mais les « démocraties » ont longtemps laissé sonner sans répondre ... Un commentaire bien déplacé du chef janjawids, Hilal, a été bien écouté par les miliciens : « Il faut changer la démographie du Darfour et la vider de ses tribus africaines. ».
A la rencontre du Mouvement de Libération du Soudan (SLM)
L'association Sauver le Darfour (SLD) a rencontré le chef rebelle Al-Nour. Il est le dirigeant du SLM aussi surnommé ALS (Armée de Libération du Soudan). Le résumé est visible dans le bulletin n°5 de l'association (www.sauverledarfour.org). Le représentant rebelle était venu à Paris le 16 janvier 2007.
Abdelwahid Mohammed Ahmed Al-Nour est revenu notamment sur l'inaction des « puissances » : « Le monde regarde cette crise, sans rien faire. ». Il souhaite que les Nations Unis réagissent contre le président Béchir et ses ministres. Il considérait alors l'ONU et l'Union Africaine (UA) comme incapables d'arrêter le génocideet paralysés. Il a donc déclaré à leur sujet : « Si vous voulez sauver mon peuple il faut mettre fin au génocide aujourd'hui ! Pas demain ! ». Lui même refusera le dialogue et de négocier avec le gouvernement soudanais tant que les massacres continueront.
Il souhaite un Soudan laïc et démocratique en opposition avec l'état islamique de dictature du gouvernement Béchir.
Son intervention s'est terminée par : « Je supplie l'OTAN et l'Union européenne d'intervenir comme cela fut fait pour le Kosovo. Si rien n'est fait les Darfouriens risquent de disparaître .». « Ne méritons pas le même sort que le peuple du Kosovo, où l'OTAN est intervenue pour mettre fin au nettoyage ethnique ? ».
« La présidente de l'Union européenne Angéla Merkel, le président Jacques Chirac, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, Javier Solana, monsieur Hans-Gert Pöttering Président du Parlement européen doivent prendre une initiative pour que le Darfour ne soit pas un nouveau Rwanda. ».
Massacres du Darfour au Tchad
Avant juin 2004, les milices janjawids n'attaquaient que le Darfour mais, après cette date, ils se mirent à passer la frontière tchadienne. Ils commencèrent à réaliser les même types de massacres qu'au Darfour et à pourchasser les ressortissants darfouriens. En effet, environ 2000000 de déplacés et 230 000 réfugiés ont fui pour la plupart l'ouest du Soudan et les machettes des janjawids pour le Tchad. Quelques uns l'ont quitté pour le Centrafrique. D'après Peter Abrahams : « Vivre déraciné, c'est vivre l'enfer. » c'est dire le désespoir qui habitent les réfugiés qui de plus ont souvent vu tués des proches sous leurs yeux. De plus, les camps étant très proches de la frontière avec le Darfour, les réfugiés y sont donc assez facilement attaqués, cela est dû aussi au fait que peu de choses sont faites pour les protéger. Des villages chrétiens tchadiens ont été eux aussi la proie des flammes. Il est clair, dans ce cas, que leurs habitants ayant aucun lien avec la résistance au gouvernement soudanais, la cause des attaques est une discrimination religieuse.
Le 17 janvier 2005, le premier ministre du Tchad annonce un renforcement des moyens dans la zone des attaques en question tout en niant en partie le mal-être des gens qui y habitent. Le dictateur de ce pays : Idriss Déby profite de la situation pour accuser le Soudan de soutenir ses adversaires. En somme le gouvernement préfère mieux pourchasser les opposants politiques, en les accusants d'être proches d'un gouvernement intégriste, que résoudre les problèmes de leurs voisins darfouriens ou ceux liés aux massacres des milices soudanaises dans leur propre pays.
La situation catastrophique commence peu à peu à toucher également la République Centrafricaine.
Le Soudan : le pays coupable ?
La parole est à la défense. Le ministre des Affaires étrangères soudanais, Mustapha Osman Ismaël s'est exprimé au micro de Saïd Aït-Hatrit le 22 juillet 2004. L'interview est présente intégralement sur le site afrik.com. Selon lui, les documents d'Amnesty international et de Human rights watch sur le soutien du gouvernement, dont il fait partie, aux janjawids sont des faux. Ainsi il déclare : « Quant aux preuves que Human Rights Watch prétend avoir sur notre prétendu soutien aux Janjawids, ce sont de faux documents, qui leur ont été fournis par l'opposition soudanaise. »
Il déclare notamment que « Le Soudan est désireux de voir le maximum de personnes apporter leur aide à ceux qui en ont besoin au Soudan. ». Il prétend que son gouvernement a constitué « deux commissions, dont une indépendante, sous la présidence de juristes soudanais. Elle comporte des représentants d'associations nationales de droits de l'Homme, de femmes médecins et rendra bientôt son rapport ». Il déclare sont pays ennemi des janjawids et milices incriminées et même que le 28 décembre 2003, ils ont « décidé d'intervenir et l'armée a réussi à reprendre de nombreuses villes ». Peu après il dit que : « Tous les camps sans exception sont actuellement sous le contrôle du gouvernement. ».
Pourquoi s'embêter à créer des commissions, ce ne serait pas plus simple d'autoriser de grandes associations, tel que Amnesty international, à rentrer dans le territoire ? Des ONG internationales ont accusé même le président soudanais d'avoir fait enlever des humanitaires de son propre pays.
Si les forces soudanaises ont intervenu, alors pourquoi la situation continue encore à s envenimer ? L'armée soudanaise, malgré toutes ses armes russes et chinoises, n'aurait-elle pas arrivée à avoir le dessus sur des hommes, parfois armés uniquement d'une machette, montés sur des chevaux ?
Les camps sont sous protection nationale ? Mais alors pourquoi les Darfouriens les quittent et s'y font encore tués ?
Le ministre a insulté les janjawids de « voleurs et d'assassins actifs depuis une dizaine d'années. » et a poursuivi en déclarant « Ils volent, tuent sans foi ni loi. ». Alors que selon des ONG et des darfouriens : Khartoum leur procure de l'aide. Par exemple, un réfugié a déclaré qu'avant que les janjawids attaquent son village, un avion l'a survolé et bombardé. Il est indéniable que l'avion appartenait à l'armée soudanaise. Des cavaliers qui parcourent un pays avec souvent comme uniques véhicules des chevaux n'ont certainement pas les moyens d'acquérir une force aérienne. Plusieurs Darfouriens appuient les déclarations, eux aussi auraient vu des avions militaires précédés les milices. Des réfugiés déclarent même avoir vu des soldats soudanais prendre des hommes et les parqués dans leurs jeeps ou les camions pour les amener on ne sait où. Un ancien janjawid, au micro de la BBC le 18 octobre 2006, déclare avoir été entraîné par des hommes portant des uniformes militaires soudanais. Pendant sa formation à massacrer, il était heureux de pouvoir y croiser l'actuel Ministre de la Défense, Abdul Rahim Mohammed Hussein...
De plus d'après de nombreux journalistes et association, le Soudan est accusé de ne pas respecter l'embargo sur les armes au Darfour. L'ONU avait décidé cette disposition depuis juillet 2004, dans le but de freiner les échanges de tirs dans la région. Le ministre déclare qu'il y a 80 observateurs dont des américains et des européens alors qu'il sait très bien que c'est peu pour le Darfour, un territoire aussi grand que la France. Les observateurs arrivés très tardivement non pas vu ce qui s'était passé auparavant. Les Nations unis parlent alors de « génocide ethnique », un ensemble de termes que rejette en bloc le gouvernement intégriste.
Ce n'était pas la première fois que Khartoum était accusé de faire subir à son propre peuple des discriminations. Bref retour en arrière. Le gouvernement soudanais en 1983 avait décidé de proclamer la loi de la Charia faisant de la population non musulmane des citoyens de seconde classe. Cette loi islamique fut la cause de conflits entre le nord gouvernemental peuplé de nombreuses tribus arabes et le sud où vivent des animistes et des chrétiens. En 1989, pour que cessent les heurts, Khartoum était prêt a supprimé la loi incriminée. Mais le Front National Islamique (FNI) fait pression et finit par prendre le pouvoir de force. La Charia est donc maintenue. Il met au pouvoir un de ses membres : l'actuel président Béchir. Et depuis il n'y a pas réellement d'oppositions politiques. Les partis qui subsistent sont tous islamiques. La solution ne pourra donc pas venir de l'univers politique soudanais.
Le mensonge gouvernemental est plus libre que les idées de l'opposition. En mai 2007, le Soudan déclarait que le conflit et la famine n'étaient responsables de la mort de seulement 9 000 personnes, ce chiffre est bien sur bien en deçà de la réalité estimée à 300 000 et 400 000 par d'autres. Dans un conflit, il y a régulièrement ce type de pouvoir de la communication, recherché par les différents opposants, qui rentre en jeu. Le Soudan rend d'ailleurs difficile l'accès au Darfour aux journalistes pour qu'on entende le moins possible des voix qui « combattent » la leur. Le Soudan n'a toujours pas respecté les différentes résolutions onusiennes.
Les seuls points positifs de l'interview sont les flatteries qu'il adresse à notre cher pays, en le préférant à l'Angleterre. Cependant il souhaite que notre gouvernement n'agisse qu'une fois la situation calmée. « La France dispose déjà d'une base militaire à l'Est du Tchad. D'où l'intérêt qu'elle intervienne elle, plutôt que les forces de Tony Blair. La France intervient déjà à différents niveaux - droits de l'Homme, politique, suivi du cessez-le-feu. La stabilité de la région est importante pour elle. Nous souhaiterions que son rôle soit beaucoup plus important lorsque la situation sera stabilisée. ». Sa « situation stabilisée » existera certainement quand il n'y aura plus d'agriculteurs noirs a tués...
Il est difficile de réagir contre le Soudan car son gouvernement est proche de celui de nombreux pays islamiques à travers le Monde dont notamment l'Egypte et de quelques organisations terroristes islamiques. De plus, il produit 500 000 barils de pétrole par jour, lui assurant une forte puissance et des alliés (notamment la Chine et la Russie). Le Soudan est accusé d'avoir massacré un million de Chrétiens, pendant la dernière décennie, sans que personne ne lève vraiment le petit doigt...
La famine dans les deux territoires
A la base, la sous nutrition serait causé par la sécheresse qui a sévit et touche encore tout le Sahel. Une désertification rend aride cette région depuis les années 1970. Récemment, les pillages des janjawids sont devenus une autre cause du manque de nourritures dans l'ouest soudanais. La sécheresse a touché toute cette région du globe, cela comprend également un pays voisin : le Tchad. Les camps darfouriens dans ce pays sont surpeuplés, les réserves de nourritures sont donc beaucoup trop justes et les gorges très asséchées.
La crise serait amplifiée par le fait que les milices volent les troupeaux et détruisent les récoltes. Les récoltes sont en plus faibles car des réfugiés se déplacent et donc moins de personnes pratiquent l'agriculture. En juillet 2007, selon médecins sans frontières, plus de 20% des enfants de moins de cinq ans sont en malnutrition grave. Et, depuis mai, 5% de ces jeunes enfants sont décédés. Des camps installés par le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unis prévus pour seulement 6 000 personnes en contiennent plus de 12 000. Il n'y a donc pas assez de moyens et de nourritures pour tous. De plus un grand nombres de personnes n'a pas accès à l'eau potable.
Le pire moment est durant la saison des pluies, les camps et les pistes d'atterrissage sont difficiles d'accès pour les humanitaires. Les réfugiés sont donc moins aidés pendant cette période.
Selon Médecins sans frontières, des maladies se propagent plus vite qu'à l'accoutumée comme la fièvre jaune et la tuberculose. La fièvre jaune est transmise par les moustiques, elle peut entraîner des vomissements de sang, des maux de tête, des délires, le coma, peu de personne arrive à survivre à cette maladie. La tuberculose est due à la bacille de Koch. De nombreux rescapés sont eux contaminés par des diarrhées hémorragiques dues au manque d'hygiène sanitaire. Les réfugiés se déplacant souvent pour éviter les excursions des janjawids, il est encore plus difficile de les soigner, de plus cela permet malheureusement aux réfugiés de se contaminer facilement entre eux.
Toujours selon Médecins sans frontières, il y aurait même un camp avec une unique latrine pour 400 réfugiés. Tant que la situation ne sera pas réglée au Darfour tous ces hommes, femmes et enfants sont obligés de rester dans cette zone de la planète ... où on ne semble pas vraiment vouloir d'eux (cf Massacres du Darfour au Tchad).
Les ONG internationales déplorent des victimes par exemple : pendant septembre et octobre 2006, douze membres d'organisations sont morts. Des bénévoles déclarent qu'ils ne sont pas suffisants protégés et qu'il est donc difficile d'accomplir des aides humanitaires dans ces conditions.
La survie dépend essentiellement de l'aide internationale et du travail des ONG, et pourtant les réactions gouvernementales et onusiennes sont arrivées bien trop tardivement.
La (trop) tard réaction internationale
Comme l'avait dit Martin Luther King, « Ce qui m'effraie, ce n'est pas l'oppression des méchants, c'est l'indifférence des bons ». Si les peuples sont indifférents à ce qui se passe, les gouvernements n'agiront pas.
L'Union africaine a envoyé 7000 soldats, depuis juin 2004, dans la région qui se révèlent inefficaces pour stopper le processus meurtrier, qui ont même été repliés par la suite. Le nombre de militaires étaient trop juste de plus, le Darfour étant aussi vaste que la France. Heureusement cependant que le Soudan n'a pas réussi à obtenir le poste de présidence de cette force africaine qu'il convoitait.
Le Tchad ne parvient pas à régler la situation mais étant un pays du tiers monde il a certainement peu de moyens pour y parvenir... mais d'autres les ont en théorie : nos chères « démocraties » dont la plupart sont des membres de l'ONU.
La Chine, future grosse puissance mondiale se procure son pétrole ... au Soudan (65% du pétrole lui est vendu) et y vend même des armes. C'est, selon 7sur7.be, 17,63 millions d'euros d'armes et de munitions et 41,89 millions d'euros de pièces et d'équipements d'avions qui auraient transité. Selon le député canadien Maurice Vellacott, « La plupart des armes utilisées pour tuer, violer, piller et le reste sont fabriquées au Soudan dans des usines chinoises. ». Ainsi pendant un long moment la Chine s'est dite prête à utiliser son droit de veto pour empêcher que son distributeur en pétrole subisse des sanctions. Cette réaction n'est pas si étonnante que cela sachant qu'elle vient d'un pays à l'éthique discutable qui sera un jour reconnu de génocide à l encontre des Tibétains et pratique toujours la peine de mort... Ces derniers temps, le gouvernement chinois aurait cependant tenté de trouver une solution à la crise pour avoir une bonne images pour les jeux olympiques de 2008. Mais elle continue à souhaiter une solution concertée avec le gouvernement soudanais. Si Pékin lâchait un peu plus son allié pétrolier la situation se débloquerai plus.
La Russie vend de nombreuses armes au Soudan, c'est dire la complicité qui unit ces deux puissances guerrières (cf pour la Russie : la guerre en Tchétchénie, en Géorgie le retrait tardif des troupes et les attaques récentes ). Elle aurait en tout fourni notamment pour 15,43 millions d'équipements aériens pour avions et hélicoptères.
Les deux exportateurs d'armes (Moscou et Pékin), ont d'ailleurs continuer leurs méfaits tandis que l'ONU avait imposé un embargo sur la vente d'armes au gouvernement soudanais. La Chine et la Russie l'avaient pourtant ratifié début 2007. Monica Frassoni, co-présidente du groupe Vert au Parlement européen a déclaré au sujet de ces deux pays : « Le véritable problème réside dans l'attitude qu'il convient d'adopter avec ces gouvernements qui continuent de soutenir le Soudan. ». Il est très rassurant de savoir que la Chine et la Russie, faisant partie du Conseil de sécurité, participent à prendre des décisions pour la planète entière...
Un état européen peut cependant mettre en cause sa responsabliter et aller à l'encontre des résolutions onusiennes ou de l'Union Européenne trop bloquées par nos amis russes et chinoises. Grâce au titre V du traité de l'UE sur la Politique étrangère et la sécurité commune, le pays de l'Union, en engageant sa propre responsabilité, conduire une opération militaire dans le cadre de la Politique européenne de Sécurité et de Défense. Cela a déjà était fait par le passé par la France. Elle avait conduit l'opération Artémis dans la République démocratique du Congo, Concordia en Macédoine, Altéa en Bosnie-Herzégovine pour y maintenir la paix. L'état actif pourrait en cas d'intervention être aider par les moyens militaires de l'Otan dans le cadre de l'accord de Berlin Plus de 2003. La France avec son passé de mainteneur de paix à travers le monde serait sans doute le pays européen le plus susceptible un jour d'agir de la sorte.
Les Etats Unis parle de génocide et condamne la situation. Ils ont mené une enquête pendant l'été 2004 sur dix-neuf camps darfouriens établis au Soudan. Suite à cela, le congrès américain a voté à l'unanimité que les exactions des janjawids étaient un génocide. Ils se sont même mis alors à fournir de l'aide à la SLA (Armée de libération du Soudan). Mais selon le journaliste F. William Engdahl, ils agissent de la sorte pour avoir la main sur les pipelines soudanais. Pour l'instant ils en possèdent qu'un au Tchad et des champs pétroliers qu'exploitent la société américaine Chevron. Ils espèrent, toujours d'après le journaliste, que si les rebelles prennent le pouvoir, ils se montreront reconnaissants. Et les Etats Unis auraient ainsi un peu plus de cet or noir qu'ils aiment tant. Mais rien ne prouve, hormis ces déclarations, que les Etats Unis condamne la dictature soudanaise à cause, ou plutôt grâce à des données pétrolières. Comme principale sanction, ils ont imposé un embargo commerciale au Soudan. Ils sont cependant parmi les seuls avec la Grande-Bretagne a se dire prêts à intervenir militairement en ciblant des objectifs soudanais par frappes aériennes. « Coopération ou confrontation ! » comme le déclara Condoleezza Rice, secrétaire d'Etat américaine. Le Canada les rejoindra peut être.
La France a été, au début du conflit, accusée de ne pas réagir. Mais ce n'est plus le cas car elle procure une aide militaire au Tchad et à la République Centrafricaine, ennemis du Soudan. D'ailleurs une dizaine d'associations humanitaires sur un peu près quatre-vingt sont françaises. François Bayrou, fin 2006, déclarait : « Je voudrais, Monsieur le Premier ministre, Monsieur le ministre des affaires étrangères, vous demander que ce qui se passe au Darfour ne soit pas ignoré. Le refus d'une intervention des soldats de l'ONU par le gouvernement de Khartoum et le déclenchement d'une opération militaire extrêmement dure dans le nord du Darfour exigent que la France dise où nous en sommes et ce que nous allons faire. ». Dominique de Villepin a alors débloqué quatre millions d'euros de nourritures. Sous la lecture de Bernard Henri Lévy le 20 mars 2007, Jacques Chirac parle de crimes contre l'humanité, il salut les efforts de l'Union Africaine et déclare que le Soudan doit maintenir la paix s'il ne veut pas subir de sanctions. Selon lui on ne doit pas oublier les génocides déjà perpétrés durant le XXème siècle. Nicolas Sarkozy, le 25 juin 2007, a réuni les grandes puissances et des organisations internationales pour trouver une solution au conflit et à la famine.
Le Kenya a apporté, selon un article du Monde diplomatique, son aide discrète à l'ALS (Armée de libération du Soudan) et cherché à regrouper les rebelles pour qu'ils puissent réaliser des missions collectives.
Le Nigeria sous la présidence d'Olusegun Obasanjo, le 17 octobre a osé parler de génocide au Darfour. Il souhaite avec quelques autres représentants faire plier le Soudan en engageant des pourpalers avec le président Béchir.
Malgré les résolutions de l'ONU, la situation ne s'était pas arrangée. Cela est dû comme vu au début de ce chapitre aux intérêts nationaux de certains de ses membres. L'ONU aurait pourtant détecté, selon le journaliste du Monde diplomatique : Jean-Louis Peninou, quatre camps de concentration de femmes et d'enfants où les conditions seraient effroyables. Peut être les prisonniers ont été pris par l'armée soudanaises qui repartent souvent avec des personnes pour les amenés on ne sait où (comme vu précédemment). Comment peut-on encore laisser se fabriquer des camps de la sorte 65 ans après qu'un pays en ayant créer fut reconnu de crimes contre l'humanité ? Fin 2006, les Nations Unies parlent de « responsabilité de protéger ». En mars 2004, le secrétaire des Nations Unis parle d'une réaction militaire internationale. Mais la peur de déstabiliser la région et le fait de ne pouvoir assurer la paix par la suite existent et oblige un moment de réflexion conséquent pour ne pas commettre d'erreurs. La résolution 1706, est inadéquate car elle a trop besoin d'une collaboration soudanaise pour être réellement fonctionnelle. La résolution 1769, très tardivement adoptée le 12 juillet 2007, prévoit d'envoyer 26000 soldats pour renforcer l'armée de l'Union Africaine et de passer enfin outre le veto du régime soudanais. Mais elle serait d'après l'express, réellement performante qu'en début 2008. Elle sera surnommée Unamid. Cette force militaire est bien sûr refusée par le président Béchir. L'ONU veut malheureusement que la situation se règle avec le consentement du gouvernement soudanais, un pays qui peut être depuis un moment accusé de génocide. Espérons que l'Organisation des Nation Unis passent un jour enfin outre le pouvoir de Khartoum. Ils se mettent même à douter après que George W. Bush est proposé vaguement une force militaire « crédible et efficace » que, comme en Irak, leur légitimité et leur pouvoir ne soient pas respectés. Kofi Annan avait reconnu l'échec de l'ONU dans la région. Enfin agir sera sans doute le premier grand défi a relevé pour Ban Ki Moon, le nouveau Secrétaire général. Il devra pour y parvenir arriver à mettre un terme aux divisions de la communauté internationale. Le Darfour a été surnommé par Kofi Annan, son prédécesseur, d' « enfer sur Terre ».
Et selon le sénateur de Bruxelles, Alain Destexhe, : « Le Darfour constitue aujourd'hui la pire tragédie de la planète. Nous ne voulons pas que se répètent les tragédies du Rwanda ou de Bosnie. ».
Une chose est sûre si aucune action pour enrayer la crise, un climat injuste d'impunité fera foi au Darfour et au Tchad.
Personne n'a l'air d'arriver à trouver une solution, selon une philosophie d'Augustos Roa Bastos : « Notre esprit humain exige sans délai la solidarité et l'union entre les peuples et les nations au-delà des différences qui pourraient les séparer.». Encore faut-il s'en donner les moyens. Des ONG et quelques personnalités seront certainement admirées un jour pour leurs actions visant à ce que cesse ce drame humain.
Quelques unes des réactions non gouvernementales
Certaines personnes, a défaut des institutions internationales se sont grandement investis.
George Clooney, un des plus grand acteurs de ces dernières années, est lui-même parti réaliser un documentaire avec son père (un ancien journaliste), un guide et un cameraman. Leur documentaire de vingt minutes s'appellera : A journey to Darfur. Une entreprise a félicité vivement, l'homme de Hollywood a contacté les télévisions américaines qui ont toutes refusées de le suivre. Il a été après le voyage contacté par les chaînes de télévisions et au siège des Nations Unis. « Nous avons grandi avec l'idée que les Nations Unis ont été créées pour empêcher un nouvel holocauste. Nous croyons en vous si fortement, nous avons tant besoin de vous. Nous venons de si loin et nous sommes si près du but. Et si les Nations Unis n'agissent pas, qui ? » y déclara George Clooney. Elie Wiesel (prix nobel de la paix, rescapé des camps d'Autchwitzz) poursuivra « Quand nous écoutons ces chiffres, ces statistiques cela brise notre c½ur. Pourquoi devons nous parler de ce problème ici ? Monsieur l'ambassadeur, mes amis des gens meurent dans la honte et l'humiliation. » Ainsi les deux hommes en appellent à une réaction internationale conséquente et que ce sujet soit abordé dans bien des endroit. Ils souhaitent une politique de communication pour amener en fait les institutions les plus réticentes à réagir. L'homme de cinéma a même été au Caire pour rencontrer la diplomatie égyptienne afin qu'elle fasse pression sur le gouvernement de Khartoum. Son père a été témoigné de ce qu 'il avait vu auprès de lycéens et surtout pendant un moment très poignant d'une femme qui s'est enfui et après à retrouver le corps de son fils de treize ans en plusieurs morceaux... Malheureusement leur documentaire qu'il ont réalisé n'est passé que sur une chaîne à faible audience de Washington : American life TV network. Les médias américains ont très rarement parler du Darfour, il est donc dommage qu'un documentaire d'un tel intérêt ne passe que sur une seule chaîne. George Clooney a contacté la chancelière allemande, en mars 2007, pour qu'elle réagisse en sa qualité de présidente de l'UE. Il lui aurait écrit : « Ce génocide sera notre testament et notre honte si nous faisons rien. ».
Un autre acteur s'est déplacé, un français : Samuel le Bihan, membre d'Action contre la faim. Il déclare, dans l'émission tardive de Laurent Ruquier, y avoir vu des gens vivre dans des conditions inhumaines, des maisons faites de bouts de bois de plastique. « Les camps sont vraiment de la survie. ». Il s'oppose au fait que l'on fournisse des armes aux rebelles pour les mêmes raisons que celle vues à la fin du chapitre : Le Darfour en sang.
Médecins Sans Frontières (MSF) est très présent au Darfour et au Tchad. Ils sont présents depuis octobre 2003 dans les villes frontalières de Tine et Birak. Ses membres sont parmi les personnes qui apportent le plus d'aide. Ils soignent, ravitaillent les réfugiés en nourritures et en médicaments. Ils mettent en place des centres nutritionnels thérapeutiques. Mais selon leurs dires, le gouvernements soudanais ne leur fourni pas de protection et accepte leurs visas avec difficultés.
Une organisation américaine, Save Darfur, a eu l'excellente idée de réalisé une campagne publicitaire ou des anonymes, des monsieurs et madames-tout-le-monde, lisent des témoignages poignants de rescapés du Darfour, dont la plupart parlent de leurs proches ou d'amis qu'ils ont vu se faire tuer ou violer.
Laurent Fabius a réalisé un voyage pour apprendre la misère humaine qui s'accroit au Darfour et au Tchad. Après son retour, le 24 février 2007, il déclarait : « Il faut surtout s'attaquer à la cause quand on pense que le dictateur qui est président du Soudan, M. Béchir, était reçu la semaine dernière par M. Chirac alors qu'il est coupable de crimes contre l'humanité alors il faut vraiment que la France tape du poing sur la table. La Chine ne veut pas bouger parce que la Chine achète une partie de son pétrole au Soudan. Les Etats Unis ont une attitude qui reste à définir. Il faut donc mobiliser la conscience internationale. Je compte vraiment sur les socialistes partout dans le monde compte et tout simplement sur les démocrates pour faire pression sur les dirigeants. C'est un crime contre l'humanité, un crime quotidien contre l'humanité. ».
L'association Sauver le Darfour (SLD) essaye d'organiser de nombreux rendez-vous (notamment un à Bruxelles) et manifestations pour faire connaître au public et aux responsables politiques « l'enfer sur Terre ». Selon un de ses directeurs, Mahor Chiche, « La sortie de crise passe par une plus grande implication des Etats européens et de l'Union Européenne. ». Les membres ont proposé plusieurs solutions pour enrayer la crise : l'interdiction du survol du Darfour par les avions de guerre soudanais, appliquer des sanctions économiques sur le pétrole et les avoirs de Khartoum, la tenue d'élections libres au Soudan sous protection de l'ONU, l'accélération des enquêtes de la Cour Pénale Internationale. C'est cette association qui avait aussi permis d'obtenir l'interview du chef rebelle résumé dans un de ces chapitres. Avant l'élection présidentielle elle avait appelé les différents candidats à réagir pour le Darfour s'ils venaient à être élus à travers une campagne d'affiches.
Le 19 octobre 2006, dans une lettre ouverte publiée par plusieurs journaux européens cent vingt survivants de la Shoah et des génocides du Rwanda, du Cambodge et de Bosnie ont appelé l'Union Européenne à réagir d'urgence. Cette lettre pourrait être illustrée par le slogan original d'une affiche de SLD : « Déjà testée au Rwanda, l'indifférence ça marche aussi au Darfour. »...
Nous devrions tous réagir, à n'importe quelle échelle que ce soit, face à des atrocités si nous souhaitons garder la conscience humaine qui habite en chacun de nous ... et assez vite avant que celle-ci nous échappe à tout jamais. Comme l'avait dit René Cassin : « Il n'y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l'homme seront violés en quelque partie du monde que ce soit. »
Julien S.
Sources
Je remercie ces différents sites et divers médias pour les données utiles qu'ils m'ont permis d'acquérir :
fr.wikipedia.org
www.msf.fr : le site internet de Médecins sans frontières
www.afrik.com
www.hrw.org : le site internet de Human rights watch
www.redcross.int : le site internet de la Croix rouge française
www.7sur7.be
www.lexpress.fr : le site du journal éponyme
Le Monde diplomatique, article : Désolation au Darfour par Jean-Louis Peninou
www.sauverledarfour.org
Je vous conseille vivement de lire les documents de ces sites et moyens d'informations.