Une culture en voie d'extinction
Article rédigé par Julien S.
Devant nous, un paysage magnifique que nous contemplons, fait de hauts arbres tandis que plus loin un désert aride de sable chaud s'étend. D'un coup des cris aux consonances inconnues se font entendre et des nuages de fumée se mettent à assombrir le ciel. Puis quelques secondes Puis quelques secondes après, des hommes au teint hâlé sortent de derrière les arbres.
Malheureusement cette séquence n'a certainement pas eu lieu de nos jours mais il y a bien longtemps. Car les individus rencontrés font parti d'une tribu, les Navajos, qui comptent de moins en moins de représentants vivants Les derniers sont actuellement reclus dans des réserves. Leur culture, si chère à leurs âmes, est exploitée à des fins commerciales pour survivre. L'image que le grand public à de celle-ci est caricaturale, empreinte des préjugés dû au fait que l'histoire est écrite par les vainqueurs, colonisateurs métamorphosés en héros au cinéma, dans les westerns. Alors que comme le déclare un proverbe africain : « La culture est la possibilité même de créer, de renouveler et de partager des valeurs, le souffle qui accroît la vitalité de l'humanité. »
Malheureusement les yeux du Monde se posent peu souvent sur eux, il faut prendre conscience d'eux avant qu il ne reste d'eux que des biens matériels. Il faut essayer de comprendre leurs âmes pendant que celles-ci sont encore dans des corps...
Cinquante groupes différents composent les Navajos. Les Navajos font parti des Apaches comme les Chiricahuas, les Jicarillas, les Lipans, les Mescaleros, les Aravaipas, et les Kiowa-Apaches. Tous sont les descendants d'une partie des Athabascans, leurs langues avaient des racines sino-tibétaines car ils avaient émigrés de l'Asie vers l'Alaska puis vers le Canada. La langue actuelle des Navajos se nomme Na-dene.
Leurs traditions auxquelles ils sont toujours attachées, malgré la modernisation actuelle et l'américanisme qu'ils subissent, datent d'il y a plus de 700 ans.
Leur population ne cesse de diminuer au cours du temps depuis leurs heurts avec les colons mexicains et espagnols aux XVIIIème siècle et XIXème siècle. Comme beaucoup d'autres peuples amérindiens ils subirent un génocide. Après les massacres suivit une longue période où ils luttèrent devant les institutions américaines, sans armes, pour faire valoir leurs droits que tout homme mérite. La faute qu'ils avaient commise était d'être nés sur une terre où d'autres individus voulaient s'installer sans une présence indienne... Ainsi sa population en 1990 ne comptait alors plus que seulement 219 198 individus. Leur réserve est actuellement principalement dans le Colorado mais s'étend également sur l'Utah et le Nouveau Mexique. Leurs habitations traditionnelles s'appellent des hogans. Ce sont des maisons coniques adaptées aux changements climatiques, fraîches en été, chaudes en hiver. L'armature est en bois et les murs faits de terre. Au sommet, un trou permet à la fumée de s'échapper. Actuellement ils y vivent grâce à l'élevage (bovins, chevaux surtout), le tourisme et l'artisanat. Les artisans navajos créent des objets traditionnels avec leur légendaire savoir-faire ancestral. Ils les partageaient avec les autres membres de la tribu avant mais maintenant ils sont contraint de les vendre pour survivre. Les biens réalisés sont surtout des bijoux en argent, des poteries, des petites statuettes nommées les kachinas et des tapis. Au milieu du XXème, il pùrent prospérer pendant une courte période car, par chance, du pétrole était présent dans le sol de leur réserve. On peut se demander si la chance n'était pas peut être en fait une récompense pour leur respect qu'ils ont pour la nature. Peu à peu ils acquièrent un peu plus de droits et de liberté, ainsi ils ont leur propre police : la police tribale navajo pour les délits mineurs. L'Etat leur a construit des habitations mais les Navajos préfèrent cependant leurs hogans traditionnels à ces constructions. Mais la prise de conscience et les actions pour les aider seront toujours utiles mais insuffisantes pour rattraper les trop nombreuses persécutions subies par le passé, dues aux colonisateurs de l'Ouest du Monde. La presque disparition des amérindiens est considérée à juste titre de génocide.
La culture navajo a de nombreuses particularités, comme le déclara Frederico Fellini : « Chaque langue voit le monde d'une manière différente. ». Actuellement les Navajos les plus proche de leurs traditions portent le nom de Hopis, ils vivent encore sans eau courante ni électricité. Les traditions navajos se transmettent et se perpétuent uniquement par langage oral. Ils ont donner à la communication comme pouvoir l'intégral du savoir. C'est certainement cela qui fait que les membres d'un clan sont très soudés.
La filiation navajo est transmise par les femmes ( clans matrilinéaires ) comme dans quelques autres communautés dispersées dans le monde. Pour éviter toutes consanguinités et traditionnellement, chaque Navajo doit se marier avec une femme d'un autre clan que le sien. Selon eux, le premier homme et la première femme auraient été créés, à partir d'épis de mais, par le dieu Coyote. Aussi avant Ciel et Terre auraient été ensemble puis après plusieurs disputes ils se seraient séparés. Ils vouent un culte à la nature et à l'hozho composé de l'harmonie, l'équilibre et la beauté. La but de leur philosophie est de parvenir a obtenir cet hozho et à le maintenir une fois que celui-ci est acquis. Ils se sentent proches des éléments naturels. Effectivement leur vision de Dame Nature est remplie de poésie et de douceur, tout pour eux est expression et chant : animaux, plantes, arbres, vents... Ils sont ainsi proches de la cosmogonie (ancienne science de l'antiquité qui tendait à prouver que l'ensemble de l'univers et de l'environnement à été créé grâce à l'harmonie). Ils regarderont à jamais leur environnement de leurs yeux d'éternels rêveurs, les mains caressant l'herbe...
Ils invoquent régulièrement les dieux pour qu'ils leur viennent en aide de différentes façons. Tout ceux qui participent aux appels des dieux s'appellent, en américain, des « medecine-men ». Parfois les Navajos leur font des offrandes ou dansent, peints et masqués, en respectant des rituels précis. Ces cérémonies sont appelées voies en français il en existe de nombreuses : voie de l'ennemi, voie de la bénédiction, voie de la montagne par exemple. Un chanteur qui participe à ce type de traditions s'appelle un hattaali. Pour un seul membre et pour que celui-ci retrouve l'harmonie, les autres du clan sont capables de faire des cérémonies : des prières, des chansons et des incantations pendant plusieurs jours et nuits d'affilée. Il se peignent alors le corps et se coiffent pour ressembler aux dieux. Parfois même ils réalisent des peintures éphémères sur du sable. Ces rituels sont organisés parfois pour des individus qui sont malades pour les soigner ou dont la mort est proche. En effet un Navajo souffrant, aux yeux des autres membres du clan, brise la chaîne d'harmonie du groupe, donc l'ensemble de la tribu est prête à agir pour qu'il survive de ses maux.
Leur vision du monde est particulière, selon eux l'incompréhension dans les relations entre le premier homme et la première femme a créé des créatures affreuses et difformes. Tandis que les rapports amoureux entre la « femme changeante » et le Soleil permettent de faire disparaître ces créatures. Comme on peut le constater la femme est donc au centre de la société navajo. Mais cependant il est donner à chaque membre de la famille différentes responsabilités.
Leur langue, le Na-dene, a comme vu précédemment des origines sino-tibétaines. Elle a très peu évoluée au fil des siècles. Leur écriture ne date que de quelques décennies, elle se base sur l'alphabet cherokee créé en 1885. Comme vu précédemment la transmission culturelle était auparavant exclusivement orale. La langue est particulièrement complexe, ainsi elle servit même de code, pendant la seconde guerre mondiale pour l'armée des Etats-Unis. L'armée américaine espérait ainsi pouvoir transmettre des ordres ou informations sans être comprise par l'ennemi. Cependant elle avait peu de considération pour les « messagers navajos » ainsi si un messager allait être pris par l'armée opposée, le soldat américain avait pour ordre de le tuer froidement.
Depuis 1980, la langue et l'écriture navajo sont enseignées dans les réserves navajos pour les enfants. En espérant que cela permette de garder vivante leur langue que l'on ne dise pas d'elle, un jour, qu'elle est morte comme le latin.
L'après génocide, dont il est plusieurs fois question au dessus, période de recherches de droits pour les Navajos, mérite que l'on s'y attarde dans un paragraphe même dans un article censé juste parler de la culture navajo.
En 1880, les navajos furent envoyés de force dans des régions peu fertiles et désertes pour y être exploités. La « bonne solution » que certains trouvèrent pour ne plus les voir, éviter qu'ils participent à la vie de la société. Ils auraient pu apprendre de leur sagesse mais on préférer écouter leur propre bêtise qu'ils portent en eux, celle qui leur dit de ne pas se rapprocher de l'autre qui est différent. Ce fait injuste fut peu connu et donc moins que la déportation d'autres communautés, dans l'histoire, à cause de dictatures. Et pourtant, les navajos sur leurs anciennes terres n'avaient droit de manger qu'aux plus mauvais produits et ceci qu'à condition de travailler dur, beaucoup plus que les « blancs » qui y habitaient eux aussi.
Dès 1887, un décret de lois obligea les Navajos à abandonner leurs techniques d'agricultures traditionnelles pour utiliser celles de l'ancien colonisateur, appelé depuis peuple américain.
Juste pour des raisons discriminantes, de 1903 à 1933, deux millions d'hectares de terrain passaient chaque année des mains des indiens dans celles des « blancs ». Ils perdirent ainsi quatre vingt dix millions d'hectares de terres et seulement trois millions leur ont été rendus actuellement. Tel une dictature, des internats américains furent construits éloignés de la réserve pour pouvoir américaniser au mieux la jeunesse navajo.
Tout ceci empêcha les Navajos de faire découvrir au reste du monde leur culture, leurs traditions comme il est permis à de nombreuses autres communautés à travers les médias. Malheureusement plus le temps passe moins cela sera possible car toujours moins nombreux ils sont, comme répété de nombreuse fois dans cet article.
Heureusement le « Meriam report » participa à rétablir la vérité sur leur condition de vie et à les améliorer. Ceci est un texte publié en 1928, il dénonçait la famine, le manque d'hygiène, l'insalubrité que subissaient alors les Navajos. Leur espérance de vie n'était alors que de 44 ans.
Au final ce que j'ai écrit est bien trop court au regard de l'infini que contient cette culture comme ce que possède chaque culture d'ailleurs. Mais contient malgré tout, j'espère assez d'informations pour monter qu'elle mérite qu'on s'intéresse à elle et qu'il est dommage que celle-ci se perde à cause du nombre de personnes qui la pratique qui décroît. Il est incroyable de se dire que dans notre civilisation moderne où se multiplie les médias et les moyens de communication, beaucoup de personnes connaissent peu de choses de leurs cultures ou origines tandis que depuis 700 ans les Navajos transmettent leur tradition exclusivement oralement.
Sans doute ceci prouve que le meilleur outil de communication restent une bouche à proximité d'une oreille ...
Sources :
www.remybailly.com/navajo-blog
www.fr.wikipedia.org/navajos
www.arizona-dream.com/Usa/amerindiens/tribus/navajos
www.navajo-france.com

